Ruralité : entre héritage et (r)évolution - Haute-Savoie Libertés
1044
post-template-default,single,single-post,postid-1044,single-format-standard,bridge-core-2.7.5,qode-page-transition-enabled,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,footer_responsive_adv,transparent_content,qode-child-theme-ver-1.0,qode-theme-ver-26.0,qode-theme-bridge,disabled_footer_top,qode_advanced_footer_responsive_768,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-6.6.0,vc_responsive,elementor-default,elementor-kit-6,elementor-page elementor-page-1044

Ruralité : entre héritage et (r)évolution

Les allusions au « territoire rural » (pour éviter de dire « campagne »), sont légion chez les hommes politiques locaux, qui usent et abusent de références à cet imaginaire collectif…  malheureusement souvent à de simples fins électorales, sans aucune lecture politique ou proposition structurelle.

Cette ruralité, ou cette campagne, résonne cependant chez tous ceux qui sont attachés à une terre. Pas parce qu’elle est plus belle ou meilleure que les autres, mais parce qu’elle est celle qui les a vus grandir et qui a souvent vu grandir leurs ancêtres, réels ou imaginaires.

Personnellement, ces mots m’évoquent pêle-mêle :

  • les paysans d’autrefois, organisés autour des cellules familiales et des solidarités locales, aujourd’hui présentées comme rétrogrades et désuètes ;
  • les agriculteurs d’aujourd’hui ainsi que l’anonymat grandissant et les mutations péri-urbaines en cours ;
  • le romantisme et sa fille spirituelle, l’écologie politique, qui présentent une vision parfois puritaine et idéalisée de la nature, à l’opposé de la relation de force concrète dans laquelle s’inscrit le travail de la terre, et qui peuvent néanmoins légitimement contribuer à améliorer les pratiques actuelles ;
  • les vertus de la sobriété et du travail manuel, tout comme la saine et nécessaire confrontation systématique à la réalité, à une époque où l’artificiel et le fantasme viennent piétiner l’imaginaire ;
  • la notion de responsabilité (individuelle d’abord, collective ensuite) alors que les discours visant à déresponsabiliser l’individu, lui enlevant par la même occasion tout espoir de liberté véritable, trouvent un écho toujours plus fort ;
  • surtout, ce « bon sens paysan » qui nous fait aujourd’hui si souvent, et cruellement, défaut.

Photographies : Alexandre Allegret-Pilot 

Je pense aussi à une nécessaire évolution socio-économique conduite tambour battant, souvent subie et mal accompagnée par les pouvoirs publics, résultant d’une mise en concurrence accrue dans un contexte de mondialisation et de mécanisation. Cette transition a eu ses effets positifs, notamment sanitaires, mais n’a pas été sans écueils et de nombreuses leçons doivent encore en être tirées pour l’avenir.

Le passionnant reportage « Adieu paysans » (écriture d’Alain Moreau et de Jean Rozat ; réaliation d’Audrey Marion) illustre bien ce phénomène que l’on pourrait qualifier « d’implacable marche du progrès » :